Le musée vu par la presse

Le Musée de l’histoire de la France en Algérie commence à prendre forme
Avec l’AFP | 22/06/2010 |  Le Musée de l’histoire de la France en Algérie, un projet porté par la communauté d’agglomération de Montpellier qui avait suscité la polémique lors de son lancement mais qui doit être achevé début 2012, commence à prendre forme après quatre mois de travaux.

Le chantier de ce « Musée de l’histoire de la France en Algérie, 1830-1962? a débuté en mars dans un hôtel particulier du centre-ville et devrait durer 18 mois. Il coûtera environ 19 millions d’euros, financés à 90% par Montpellier Agglomération, et se situera dans l’Hôtel Montcalm, situé près de la gare de Montpellier.

« Ce musée voulu par le président de l’agglomération (le divers gauche Georges Frêche, ndlr) est un projet qui avance », s’est félicité lors d’une visite de presse un des vice-présidents de l’agglomération, Jacques Martin, qui a refusé de répondre à toute question concernant le contenu de ce futur espace.

« On parle du contenant, mais le président (Georges Frêche) abordera plus tard le contenu », a-t-il fait valoir. « Le contenu sera abordé en temps et en heure », a-t-il ajouté.

Georges Frêche, qui préside le comité scientifique de ce musée, était absent de cette visite de presse. Opéré de la hanche, il suit une rééducation dans une clinique de l’agglomération.

Peu après le lancement du projet, qui remonte à 2003, des groupes politiques locaux s’étaient élevés contre ce lieu, y voyant « un éloge » ou une « réhabilitation » du colonialisme.

« L’objectif est de créer un musée d’histoire et de sociétés, qui traitera de l’approche historique classique et des peuples européens et musulmans », indique la plaquette de présentation à la presse.

« Ce musée sera pensé et présenté sans jamais dissocier les deux mémoires et en faisant constamment une présentation simultanée », poursuit-elle.

Le musée présentera un fonds composé notamment de peintures, sculptures, cartes, plans et affiches ainsi qu’un centre de recherche intitulé « centre iconographique du Maghreb », consacré en particulier à l’histoire de la photographie en Algérie.

 

Dans l’Express:

Le musée explosif de Frêche
sur l’histoire de la France en Algérie
Par Michel Feltin, Jacques Molénat, L’Express, le 20 novembre 2009

Consacrer un monument à « l’histoire de la France en Algérie » : c’est l’idée du patron de l’agglomération montpelliéraine pour flatter les nombreux rapatriés.

Avec Georges Frêche, le spectacle est toujours assuré. Un jour, il traite des harkis de « sous-hommes ». Un autre, il s’offusque en constatant que, dans l’équipe de France de football, « il y a 9 blacks sur 11 » joueurs. Et voici qu’il s’aventure sur un terrain sensible entre tous en créant à Montpellier un “musée de l’histoire de la France en Algérie (1830-1962)”. L’objectif officiel du président (ex-PS) de l’agglomération ? Mettre en valeur « l’oeuvre française ».

L’arrêté municipal est adopté en février 2003 ; un lieu choisi, l’hôtel Montcalm ; une conservatrice recrutée. Mais, depuis six ans, l’entreprise patine. La socialiste Hélène Mandroux, successeur depuis 2004 de Georges Frêche à l’hôtel de ville, refuse d’endosser le projet de son prédécesseur. Elle reçoit les applaudissements des Verts et des communistes, qui refusent d’édifier un « monument à la gloire du colonialisme ».

Dépité, Frêche rapatrie le projet dans la communauté d’agglomération dont il est le président et n’en démord pas. « Je ne remets pas en cause l’indépendance de l’Algérie, affirme-t-il à L’Express. Lorsque j’étais étudiant, j’ai même milité en sa faveur ! Je veux simplement construire un musée sur l’histoire de cette période. Avec ses côtés positifs – la France a fait là-bas beaucoup de choses bien – et ses côtés négatifs – avoir refusé le droit de vote aux musulmans était un scandale. »

A leur tour, les historiens s’en mêlent. Des universitaires devant former le conseil scientifique se cabrent à l’idée de cautionner la mémoire coloniale. Professeur d’histoire à l’université Paris-VIII, Daniel Lefeuvre claque la porte en novembre 2005. « Nous ne sommes pas là pour servir la soupe aux politiques ni aux rapatriés. » Réaction qui exaspère Frêche, lui-même universitaire et historien. « Je n’en ai rien à foutre des universitaires trous du cul », lâche-t-il dans son style fleuri.

Loin du souci de vérité historique

Le professeur Charles-Olivier Carbonell, qui se définit non comme un historien mais comme un « historien de l’Histoire », est aujourd’hui l’ultime référent scientifique du projet. Sa vision ? Un musée qui fasse leur place aux lumières comme aux ombres de cette période passionnelle. Cette volonté d’équilibre désole Alain Jamet, le patron régional du Front national : « On est passé de la mémoire de l’Algérie française à une vision qui renvoie dos à dos le FLN et l’OAS. »

On l’a compris : en la circonstance, ce n’est pas le souci de la vérité historique qui anime Frêche, mais, en politique madré, les réserves de voix que représentent les rapatriés et leurs descendants. Il est vrai que ceux-ci pèsent numériquement très lourd dans la capitale régionale : quelque 50 000 personnes, sur une population totale de 251 000 habitants. « Il s’agit d’un électorat qui, lors des échéances nationales, vote traditionnellement à droite, voire à l’extrême droite, mais qui soutient Frêche aux élections locales », observe Jacques Domergue, député (UMP) de l’Hérault.

Bien sûr, le musée a pris tant de retard qu’il ne pourra finalement ouvrir ses portes qu’en 2011. Soit quelques mois après les régionales auxquelles se représente l’actuel patron du Languedoc-Roussillon.

Mais qu’à cela ne tienne ! Frêche ne doute pas que les rapatriés seront sensibles à son clin d’oeil appuyé. Si l’homme dérape souvent, il agit rarement au hasard…

 

Midi Libre du 22/06/2010:

L’hôtel Montcalm, acheté 2 M€ en 2003 à l’armée, recueillera un fonds, sur ce passé décrié, en 2012.

La presse était conviée, hier, à une visite guidée des travaux de rénovation de l’hôtel Montcalm, entre les rues de la République et Joffre. En plein cœur de Montpellier, ce lieu au lourd passé historique accueillera un pan de l’histoire non moins chargé : celui de la France en Algérie pour la période 1830-1962.

Voici un peu plus de trois mois que les premiers coups de pelles tentent de transformer cet hôtel particulier, érigé en 1816 par Louis Montcalm, pour être « confisqué aux Montpelliérains », selon les termes de l’architecte, par l’armée en 1953. Et depuis, à l’exception du parc Roblès qui servira de parvis au musée, rares sont ceux qui ont pu pénétrer l’édifice richement décoré. Une richesse qui ne sera rien à côté de celle résultant des ambitieux travaux imaginés par les architectes Michèle Ferri et Vincent Castelnau, qui ont assuré la visite.

La transformation des lieux, et en particulier du mess des officiers à l’étage et de la cour excavée pour abriter la première salle d’exposition, est la première étape. Celle qui précède l’arrivée du fonds et de la muséographie. Ce qui donnera du sens. « L’objectif est de créer un musée d’histoire et de société qui traitera de l’approche historique classique et des peuples européens et musulmans », selon l’Agglo. Peintures, sculptures, cartes, plans, dessins d’architecture, affiches, photos, maquettes… Une bibliothèque sera également créée et le musée servira aussi de Centre iconographique du Maghreb, pour chercheurs et étudiants.

Le défi pour les architectes et la dizaine d’entreprises au travail réside dans la « conservation de l’existant ». Consolider, protéger et rénover peintures et moulures, réparer les toitures abîmées… le travail est immense. Il reste dix-huit mois avant l’ouverture au public. Le temps que le débat sur l’opportunité d’un tel musée, unique en son genre, soit enfin ouvert.

Yannick POVILLON

La présentation du projet par les colonialistes de l’agglo:

Visite de chantier du futur Musée de l’Histoire de la France en Algérie (1830 – 1962)
22 juin 2010

Transféré de la Ville de Montpellier à l’Agglomération au 1er janvier 2006, le musée de l’Histoire de la France en Algérie (1830-1962) ouvrira ses portes au public début 2012 dans l’Hôtel Montcalm pour un montant de 19,3 M€ financé à 90% par Montpellier Agglomération.

 
Musée France en Algérie
L’objectif est de créer un musée d’histoire et de sociétés, qui traitera de l’approche historique classique et des peuples européens et musulmans. Ce musée sera pensé et présenté sans jamais dissocier les deux mémoires et en faisant constamment une présentation simultanée. Ainsi, le musée de l’Histoire de la France en Algérie présentera un fonds patrimonial riche composé de peintures, sculptures, cartes, plans, dessins d’architecture, affiches, photographies et maquettes. Il abritera également un Centre de recherche, intitulé « Centre iconographique du Maghreb », consacré en particulier à l’histoire de la photographie en Algérie. Le chantier a débuté en mars dernier et comprendra 18 mois de travaux.
L’HÔTEL MONCALM : UN HÔTEL PARTICULIER DU XIXe SIÈCLE ET UN PARC
Le projet est situé au coeur de la ville de Montpellier. D’une superficie de 2 956 m² dont 1 573 m² de surface d’exposition, le Musée de l’Histoire de la France en Algérie est composé de 2 bâtiments : l’Hôtel Montcalm et un bâtiment annexe (anciennement mess des officiers), organisés autour d’une Cour centrale desservie par la Rue Joffre. Construit à partir de 1816, l’Hôtel Montcalm est un des derniers modèles d’« Hôtel particulier entre cour et jardin », rare à Montpellier. Le projet prévoit une extension de surface par la réalisation d’une salle d’exposition enterrée sous la cour rue Joffre. Les aménagements architecturaux visent une mise en relation des espaces existants afin de répondre à la nouvelle vocation du bâtiment.
Le parc Roblès ouvert sur la rue de la République fait partie intégrante du projet de Musée. L’entrée principale s’effectuera au travers de ce parc, réaménagé dans l’esprit d’un «jardin oriental». L’Hôtel Montcalm est situé dans le secteur sauvegardé de la Ville de Montpellier.
UN PARCOURS MUSÉOGRAPHIQUE SUR UNE SURFACE TOTALE DE 2 700 M²
D’une superficie de 2 700 m² au total, le musée de l’Histoire de la France en Algérie et son centre de recherche occupent la totalité de l’Hôtel Montcalm situé au coeur de Montpellier, dans le quartier de la Gare Saint-Roch, bâti en « U », présentant, au nord une cour d’honneur, et au sud un jardin rendu public en 2004 nommé « Parc Roblès » qui sera refait à l’identique du jardin d’essai d’Alger.
Les services du musée seront répartis sur trois niveaux. L’accueil du public s’effectuera à partir du Parc Roblès. Le visiteur trouvera en accès libre au rez-de-chaussée : la billetterie, une librairie, un salon de convivialité, la salle d’exposition temporaire et la salle de documentation.
La découverte des salles permanentes du musée commencera :
– par le sous-sol : la cour d’honneur, excavée, propose un espace de 376 m²,
– le parcours se poursuit dans l’aile Est, au rez-de-chaussée et au 1er étage (890 m²),
– et se termine à l’étage du pavillon central (233 m²).
La bibliothèque intégrée au centre de recherche sera accessible sur rendez-vous dans l’aile Ouest (120 m²).
CALENDRIER PRÉVISIONNEL
De septembre 2008 à janvier 2009
Travaux de sauvegarde des bois (parquets, huisseries et charpente) et couvertures
De janvier à décembre 2009
Poursuite des études muséographiques et architecturales. Consultation des entreprises
De janvier à mars 2010
Préparation du chantier
De mars à octobre 2010
Travaux de terrassement et de gros oeuvre
De novembre à septembre 2011
Travaux de second oeuvre
Début 2012
Ouverture au public

 

 

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