Règlement de la Société des amis des Noirs et des colonies, adopté dans sa séance tenue à Paris le 30 frimaire, an VII

Règlement de la Société des amis des Noirs et des colonies, adopté dans sa séance tenue à Paris le 30 frimaire, an VII.

ne suis je pas ton frère

Le drapeau de la Liberté flotte sur toutes les habitations de nos Colonies ; les travaux y sont repris avec la plus active émulation ; l’harmonie s’y rétablit ; on y sent le besoin d’une longue tranquillité : tout y appelle la culture des Arts utiles et la pratique des vertus sociales , si propres à réparer tant de maux passés et à fixer le bonheur sur cette portion intéressante du territoire français.
Sous quels auspices plus favorables la Société des Amis des Noirs et des Colonies pouvait -elle reprendre le cours de ses travaux long – tems interrompus par les orages politiques ? Elle peut maintenant s’abandonner à son zèle purement philantropique , sans crainte d’éveiller des haines peut-être mal éteintes, d’aiguiser contre elle les poignards de la calomnie , ou de jeter l’épouvante dans l’ame des propriétaires. En effet, la question de la traite et de l’affranchissement des Esclaves est enfin résolue pour la France ; elle l’est de même pour le monde entier dans toutes les ames sensibles et raisonnables. Loin donc ces grandes discussions politiques relatives aux Colonies , et d’où naquit tant d’animosités. Les Amis des Noirs n’ont plus que des soins doux et paisibles à remplir leur but unique est le bonheur de tous les Colons quelles que soient leur origine et leur couleur.
Tous sont également Citoyens : tous ont besoin qu’on leur indique les moyens de vivre heureux sous les lois bienfesantes de la République.
Ainsi, tracer des plans d’après lesquels les Colonies verront en peu de tems leur sol fertilisé par des hommes libres; démontrer comment ces hommes jadis courbés sous le joug de l’esclavage, cultiveront la terre avec plus de courage et de succès, lorsqu’ils y trouveront leur intérêt et celui de leurs familles ; former des établissemens propres à répandre dans ces climats lointains, l’éducation, les Sciences et les. Arts ; achever de détruire sur toutes les parties du globe ce commerce monstrueux de l’espèce humaine , commerce qui est la honte des États policés et qui n’a servi qu’à y introduire tous les crimes de l’avarice la plus vile, la plus révoltante, et la plus impolitique ; enfin, ouvrir toutes sortes de communications commerciales parmi les peuples, non pour les opprimer , mais pour les servir dans leurs besoins et augmenter leurs jouissances : telle est la tâche honorable que s’impose la Société des Amis des Noirs et des Colonies ; tel est le but du. réglement qu’elle publie,

R EG L E M E N T

ARTICLE PREMIER.
La Société continue de s’occuper ,de l’abolition de l’esclavage , du perfectionnement moral et physique des habitans des Colonies , des progrès de l’Agriculture, de l’industrie et du Commerce dans les Colonies , et de la formation de Colonies nouvelles.

ART. I I.
Les membres de la Société peuvent délibérer au nombre de dix.

ART. III
Tous les six mois la Société tient une séance publique.

ART. IV.
Un Président et deux Secrétaires sont élus tous les trois mois par scrutin secret, à la majorité relative des suffrages.

ART. V.
Au commencement de chaque année sont nommés , dans la même forme , un Trésorier et un Archiviste.

ART. VI.
Les membres des. autres Sociétés des Amis des Noirs et des Colonies , de quelque pays qu’ils soient sont admis à délibérer dans la Société , si leur Gouvernement est en paix avec la République française.

ART. V I I.
Les citoyens des départemens, ainsi que les étrangers , tant que leurs Gouvernemens sont en paix avec la République française, sont susceptibles d’être membres de la Société , si leurs travaux peuvent lui être utiles.

АRT. VIII.
Quiconque serait intéressé directement ou indirectement dans le commerce d’Esclaves , ne peut être reçu membre de la Société ni même assister à ses séances.    .

ART. IX.
Les intentions philantropiques de la Société se portant également sur les deux sexes parmi les habitans des Colonies , les femmes, si propres à contribuer aux progrès de la civilisation et au soulagement des malheureux, peuvent être membres de la Société.

ART. X.
Les noms, qualités et demeures du candidat, sont inscrits sur un placard signé d’un membre qui présente , et de quatre autres qui appuyent : ce placard est affiché dans le lieu des séances pendant deux décades.

ART. XI.
Deux décades après la présentation du candidat, il est fait un rapport sur sa moralité et ses opinions ; immédiatement après ce rapport, on procède à la réception par un scrutin secret ; s’il réunit les deux tiers des suffrages, il est proclamé membre de la Société.

ART. XII.
L’Archiviste donne connaissance du vœu de la Société au candidat, admis, qui est tenu de répondre dans la décade : d’après sa réponse, son nom est inscrit sur la liste des membres, et il lui est délivré un diplôme.

ART. XIII
Chaque candidat, lors de son admission, paie la somme de six francs : tous les mois chaque membre paie un franc. Le. montant de ces contributions est employé aux dépenses ordinaires de la Société ; à l’égard des dépenses plus considérables , il y est pourvu par des contributions volontaires , pour l’emploi et la sûreté desquelles il est pris toutes mesurés convenables, suivant les circonstances.

ART. XIV.
Ceux qui s’abstientient de .paraître aux séances pendant trois mois de suite sans en prévenir le bureau et sans acquitter la contribution de chaque mois , cessent d’ètre membres de la Société

ART.  XV.
Toute personne non comprise parmi Celles désignées en l’article VIII, est admise à assister aux séances si elle y est présentée par un membre de la Société.

ART. XVI.
Les livres, mémoires, manuscrits et renseignemens offerts à la Société, sont accueillis avec reconnaissance et déposés dans ses archives.

ART. XVII
La Société fait imprimer les ouvrages qu’elle croit utile de publier.

ART. XVIII
Il ne peut être fait aucun changement au Règlement que sur une motion signée par quatre membres, et après avoir entendu le rapport d’une commission spéciale.

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