L’impérialisme français dans ses colonies – Les populations agricoles en Algérie Février 1927

L’impérialisme français dans ses colonies

Les populations agricoles en Algérie

algerie cahier du bolchevisme  L’Algérie est un pays essentiellement agricole. L’impérialisme français commence à peine à y développer son industrie, et ne permet pas à l’industrie algérienne de prendre de l’essor et de le concurrencer. Celle-ci n’est par conséquent pas importante et les indigènes qui en vivent peu nombreux.

Les Algériens sont surtout cultivateurs. Ils tirent de la terre leurs moyens d’existence. Ils sont les 4/5 de la population. Le rapport des forces entre la population totale et la population agricole, de 1905 à 1914, était le suivant :

En 1905, la population totale était de 4.098.260 unités et la population agricole de 3.421.670, soit le 80,8 % ;

En 1914, la population totale était de 4.740.520 unités, et la population agricole de 3.726.130, soit le 78,6 %.

La diminution de population agricole constatée de 1905 à 1914 s’est augmentée en grande proportion depuis. Par le fait de la guerre et par l’appauvrissement sans cesse croissant de la paysannerie algérienne, une grosse migration se produit vers la ville. D’autre part, la famine de 1920 a amené la faillite de bon nombre de paysans pauvres, et la vente des nombreux troupeaux des Hauts-Plateaux. Cela a produit un afflux important vers la ville et le littoral. C’est ainsi que les indigènes habitant Alger, au nombre de 36.490 en 1911 passe à 47.669 en 1921. Compte tenu de l’augmentation annuelle de la population, l’accroissement du prolétariat indigène urbain est notable. D’autre part, encore que les statistiques algériennes soient souvent différentes les unes des autres, dans le Territoire Nord de l’Algérie, le rapport des forces entre la population des villes et celle des campagnes, de 1911 à 1921 est le suivant :

AGGLOMÉRÉE

ÉPARSE

Européens

Indigènes

Européens

Indigènes

1911

591.000

337.600

154.600

3.921.800

 1921

638.000

470.000

150.000

3.915.500

 La population indigène éparse comprend outre des paysans, quelques artisans et des commerçants. C’est ce qui explique, en plus du pourcentage d’augmentation de la population éparse et le chiffre de la population agricole donné plus haut.

Ainsi, alors que la population européenne des villes augmente de 47.000 habitants parmi lesquels nombreux sont les émigrants venus de France, la population indigène augmente de. 132.400 éléments dans les villes, et diminue de 6.300 dans les campagnes. L’augmentation provient de l’afflux signalé plus haut. Elle a son origine surtout dans les Hauts-Plateaux, non totalement compris dans les Territoires Nord, où les indigènes avaient été refoulés par la colonisation, et d’où les chassent la sécheresse et la pauvreté du sol.

La Dépêche Coloniale, faisant état des statistiques de 1926, indique, en outre que pour les Territoires du Sud, le total des populations qui était de 548.409 en 1921, tombe à 542.225 en 1926. Cette réduction est l’indice que le nomadisme est en recul et que les indigènes tendent à se rapprocher des centres européens. Le journal colonialiste oublie de dire que les causes de ce rapprochement résident surtout dans l’appauvrissement grandissant des populations agricoles.

Pour se faire une idée de la pauvreté de ces populations indigènes des campagnes comparativement à celles des villes pourtant si peu aisées, considérons une statistique de 1912 sur les maisons indigènes et les gourbis[i] (1).

Le nombre total des maisons indigènes (presque toutes à la ville) est de 190.500, évaluées à 56.700.000 francs. La région nord en compte à elle seule, 187.000.

Le nombre des gourbis et des tentes est de 503.400 dont 517.000 pour le Territoire Nord, soit trois fois plus que le nombre des maisons. La valeur totale de ces tentes et gourbis est de 37.000.000 de francs.

Chez les agriculteurs indigènes « la maison, dit un écrivain colonialiste, est la demeure du cultivateur d’arbres à fruits comme la tente est celle du pasteur et le gourbi celle du cultivateur que son genre de vie ne fixe qu’imparfaitement au sol ».

Concentration des populations

La colonisation, c’est un fait, a favorisé les européens et chassé les indigènes dans les régions inhospitalières des Hauts-PIateaux et du Désert. L’étude de la concentration des populations par origine permet d’établir la preuve de ce refoulement. On se heurte, pour cette étude, à l’absence de statistique détaillée sur cette concentration.

Si l’оn s’en réfère aux cartes indiquant seules et généralement la densité de la population, on constate que les Européens sont particulièrement nombreux (50 à plus de 100 habitants au kilomètre carré) dans les grandes villes et dans les régions agricoles suivantes : Plaine du Sig, haute-plaine de Tlemcen, haute plaine de Fegris (Mascara), plaine du Chelif, haute-plaine des Beni Sliman (Médéah), haute-plaine des Arrib (Aumale), plaine de la Mitidja, plateau de Sétif, vallée du Sahel, plaine de Bône. Toutes ces régions sont les plus riches de l’Algérie ; leur occupation par les Européens justifie tout ce qu’on sait de l’expropriation brutale des indigènes qui occupaient ces régions avant le débarquement des Français. Une preuve de la main-mise par les Européens sur les meilleures terres est fournie par une statistique de 1917 indiquant que sur les 217.000 Européens possédant les 2.200.000 hectares de terres :

77.100 vivent dans le département d’Alger ;

103.300 vivent dans le département d’Oran ;

36.600 vivent dans le département de Constantine.

Une statistique de la même date donne comme suivante la superficie occupée dans chaque département par les Européens :

Département d’Alger : 366.000 hectares ;

Département de Constantine : 820.000 hectares ;

Département d’Oran : 938.000 hectares.

D’autre part, une statistique de 1923 sur la superficie ensemencée en blé tendre et en blé dur donne les chiffres suivants :

Département

Européens

Indigènes

Oran

212. 157 hect.

186.512 hect

Constantine

116.833 hect

409.473.hect

 Tous ces chiffres prouvent que les colons sont plus particulièrement nombreux dans le département d’Oran qui comprend les riches plaines du Sig, de. Tlemcen, de Mascara, etc., et qui bénéficient d’irrigations considérables, ils sont moins nombreux dans le département de Constantine qui ne compte que la région de Bône comme plaine riche et où « les contrées sont séparées du littoral par des massifs montagneux rendant difficiles les relations avec la côte, où les espaces boisés couvrent encore une partie du Tell et où dans l’ensemble, les ressources agricoles sont restreintes. »

La population indigène, elle, se concentre, outre les grandes villes, et quelques plaines ou elle est employée comme main-d’œuvre, dans les régions suivantes : Monts de Dahia, région montagneuse au .sud de Nemours, massif de l’Ouarsenis, Djebel[ii] Senalba, grande et petite Kabylie (monts du Djurjura), monts de la Medjerda, bassin du Tarf, monts de Tebessa et de l’oued Mellegue. l’Aurès, le bassin du Hodna (région des steppes), le plateau de Djelfa, les monts de Constantine et les oasis du désert.

Cette comparaison de la concentration des populations indigènes et européennes, permet donc de constater que les colons français sont particulièrement nombreux dans les régions céréalifères, alors que les Arabes abondent dans les montagnes pauvres où ils sont venus après expropriation ou cantonnement.

D’autre part, sur les 3.900.000 hectares de terres céréalifères signalons qu’à la fin de la guerre, 2.100.000 hectares étaient cultivés au profit des Européens et 1.800.000 hectares au profit des indigènes.

Les différents travailleurs de la terre

Avant le débarquement des Français, la presque totalité des Algériens vivait des produits du sol, en exploitant soit individuellement (terres melk), soit collectivement (terres arch) la terre. Il n’y avait presque pas d’ouvriers agricoles, chacun travaillant la terre pour son propre compte. La colonisation, en expropriant les uns, en appauvrissant les autres et en favorisant quelques-uns de ses meilleurs serviteurs indigènes à qui furent remis d’importants lots gratuits de colonisation, a créé différentes situations de travailleurs de la terre.

D’après les statistiques de 1912 à 1914 (variées depuis en ce qui concerne les khammès accrus considérablement) les processions agricoles englobant les 3,700.000 Algériens vivant de l’agriculture, se répartissent ainsi :

Propriétaires:        1.795.000

Fermiers:                   121.000

Ouvriers agricoles:  590.000

Khammès[iii]         1.190.000

Ces statistiques classent parmi les propriétaires, en ce qui concerne les terres arch (terres de propriété collective) les membres de la tribu tout entière vivant du produit de la terre et qui pourraient tout aussi bien compter dans la catégorie des ouvriers ou des fermiers.

En outre, sont classés dans cette catégorie de propriétaires tous ceux qui possèdent une certaine quantité de terre et qui ne sont pas les cultivateurs directs, gros propriétaires fonciers, « récompensés » par la colonisation pour leur soumission à l’impérialisme.

Les fermiers sont ceux qui sont liés au propriétaire de la terre par un contrat autre que le contrat sous la forme du Khamessat. Le plus souvent, le fermier cultive la terre à mi-fruit. Une des branches les plus importantes du fermage en Algérie est le tabac (régions de la Mitidja, des Issers, etc.). Le propriétaire fournit la terre, le fumier, et prête les bœufs pour le premier labour. Le fermier fournit les plants et prend à sa charge tous les frais de culture, de séchage et de préparation. Le produit de la vente est partagé à part égale entre le propriétaire et le fermier.

Les ouvriers agricoles sont analogues aux ouvriers agricoles français, avec cette différence qu’ils ne bénéficient d’aucun des avantages que les lois sociales accordent à ces derniers. Ils proviennent de paysans pauvres qui ont été obligés de vendre ou de céder leur terre. La colonisation française, par son exploitation agricole concentrée, en emploie une grande quantité à des salaires de famine.

Le Khamessat, contrat d’esclavage

Le Khamessat est le contrat spécial de métayage qui tient le travailleur indigène dans un demi-esclavage.

C’est une forme de l’exploitation de la terre au cinquième, c’est-à-dire que le propriétaire du sol conserve les 4/5 de récolte et remet le 1/5 restant à l’ouvrier agricole lié à lui par contrat dit de « khammessat ». Rivière et Lecq ont indiqué la base essentielle de ce contrat : « L’indigène arrive fin septembre sur la propriété; il établit son gourbi et reçoit l’attribution d’un lopin de terre nommé azela; représentant la semaille d’un double-décalitre d’orge, lopin qu’il laboure et dont il est l’usufruitier. Il reçoit en outre une avance de 40 à 80 francs, un double-décalitre de grain par semaine pour se nourrir, une paire de bœufs pendant la saison des labours. En échange, il doit labourer, ensemencer, sarcler, moissonner, soigner les animaux. Pendant la moisson, le propriétaire met à sa disposition ses aides. A la fin des battages, on fait le partage des grains ; les pailles sont la propriété du maître du sol ; 1/5 de la récolte brute des céréales est attribué au khammès. Pour les pois chiches qui ont demandé deux labours et un binage, la part du khammès est d’un quart de la récolte brute ; pour le sorgho, elle est d’un tiers. Au moment du partage, on retient au khammès le montant des avances qu’il a reçues ». Cette retenue faite sur le cinquième qui revient au khammès réduit singulièrement la maigre part de ce dernier.

Généralement, la durée du contrat d’un khammès est fixée à une année, mais comme les avances qui lui ont été faites ne peuvent pas être remboursées sur le produit de la récolte ou que le khammès ne peut pas payer les dettes qu’il est presque toujours obligé de faire, il reste sur la terre jusqu’à paiement complet de ses dettes, c’est-à-dire indéfiniment.

La définition, donnée ci-dessus, du Khamessat est la définition « type » du contrat. Les obligations réciproques ne sont pas toujours celles indiquées. Suivant les régions elles varient.

De même, la part du cinquième n’est pas toujours celle qui revient au khammès en ce qui concerne les céréales. Beaucoup de propriétaires s’abstiennent aussi de prêter de l’argent ou de fournir le bétail et la main-d’œuvre à leurs khammès. Dans certaines régions, cette abstention nécessite une augmentation du pourcentage revenant au métayer sur la récolte. C’est ainsi que le khammès obtient les 3/5 dans une partie de la plaine du Chelif, les 4/5 dans les régions montagneuses de Miliana, et les 2/3 dans la grande Kabylie. Ces dérogations à la règle du khammès sont d’ailleurs de peu nombreuses exceptions.

« Le contrat du khamessat, a dit un chargé de cours au Collège de France, et peu suspect de sympathie pour les indigènes, réduit à une sorte de servitude ceux qui sont contraints de l’accepter, mais il les empêche de mourir de faim. D’autre part, il assure l’exploitation des terres pauvres et d’une culture malaisée. »

La servitude du khammès est renforcée par une coutume qui veut que tout propriétaire prenant à son service un khammès ayant quitté une exploitation où il s’était endetté, soit tenu pour responsable de ces dettes. Cette coutume qui, si elle n’est pas toujours respectée par les tribunaux, l’est par les propriétaires indigènes, crée une espèce d’hypothèque sur le travail du khammès et l’empêche de trouver du travail ailleurs que sur la propriété où il s’est endetté.

En Kabylie, il existe deux sortes de khamessat : le khamessat proprement dit qui est soumis aux règles générales du khamessat algérien, et le khamessat azri spécial aux colons domestiques et comparable en partie aux contrats de nos journaliers européens. Le khammès azri ne reçoit que le 1/6 de la récolte, mais il est nourri par le patron.

Comment on devient khammès

Nous avons déjà vu que quand les Français débarquèrent en Algérie, toutes les populations indigènes, à l’exception de quelques commerçants et artisans, vivaient de l’agriculture et exploitaient, individuellement ou collectivement un lopin de terre.

Leur expropriation brutale par la colonisation à ses débuts, leur cantonnement sur des superficies restreintes ou arides, ont privé une grande partie de ces paysans de leurs terres et, partant de leur moyen d’existence, les obligeant à louer leur force de travail, et formant ainsi les premiers éléments du prolétariat agricole.

Par la suite, en « achetant » par la force et à bon marché, la terre de paysans appauvris, les exploitations agricoles européennes et l’Etat ont augmenté le nombre des prolétaires de l’agriculture.

En plus des moyens d’expropriation plus ou moins brutaux qui ont contribué dans une large mesure à la formation du prolétariat agraire, la prolétarisation des paysans pauvres s’est continuée plus récemment grâce aux prêts à usure consentis par les spéculateurs, qui furent de tous temps, en Algérie, la plaie de la paysannerie.

Le paysan, qu’une mauvaise récolte amène presque à la famine, est obligé pour vivre, faire vivre les siens et acheter les semences de la récolte prochaine, d’emprunter à des usuriers une certaine somme d’argent qui lui est remise sous diverses formes de garantie et d’intérêts.

Certains bailleurs de fonds exigent du fellah[iv] de formidables intérêts qui atteignent parfois 70 à 100 %. Si l’indigène n’est pas en mesure de se libérer de sa dette dans les délais prévus par le contrat de prêt, les prêteurs obtiennent des tribunaux, la terre et les biens du cultivateur en payement.

Quand les intérêts et la somme dûs n’atteignent pas le prix de la terre convoitée, le prêteur accepte de prolonger les délais de payement moyennant une augmentation du taux d’intérêts et jusqu’à concurrence du prix de la terre. A ce moment il intente l’action judiciaire qui le rendra propriétaire des biens du fellah.

D’autres fois, le prêt d’argent est consenti sous réserve que le paysan donne sa terre en gage ? La terre reste, tout le temps de la dette, la propriété de l’emprunteur mais la jouissance passe au créancier. Tant que le paysan n’a pas éteint la dette il travaille sur sa terre pour son créancier, qui le rémunère comme ouvrier ou comme khammès.

Nombreux sont ainsi les propriétaires de terres, obligés, pour garantir leurs dettes, contractées en période de famine ou de sécheresse, d’engager à jamais leur propriété sur laquelle ils travailleront comme fermiers ou comme khammès.

Victor Démontés cite l’exemple de la commune de Berroughia, où, en 1921, les indigènes ont aliéné, dans ces conditions, 6.125 hectares de leurs terres à des Européens et à des Juifs qui, pour la plupart n’exploitent pas directement la terre ainsi volée. Ce sont les indigènes anciens propriétaires, qui assurent cette exploitation et sont devenus khammès sur leurs propres terres.

Le même écrivain signale également que dans la commune des Eulmas, 1/6 des terres arch ont été accaparées par le même procédé depuis 1887. L’administrateur de cette commune écrit : « A la suite de mauvaises récoltes, les cultivateurs indigènes ont été forcés d’emprunter. Ils payent aux prêteurs de gros intérêts et si les mauvaises récoltes se succèdent ils sont obligés de se défaire de leurs terres. Les bailleurs de fonds n’attendent même pas l’homologation des enquêtes de l’administration pour s’emparer des terrains qu’ils considèrent comme leur bien propre ».

M. Colin, ancien député et sénateur d’Algérie, déclarait à ce sujet à une délégation chargée d’enquêter sur le scandale des spoliations des terres : « l’usurier rend service à la colonisation puisqu’il arrive à dépouiller l’indigène pour vendre au colon ».

La prolétarisation des paysans pauvres a été augmentée aussi par la pratique des amendes, possible grâce à l’odieuse rigueur du code de l’indigénat, cette pratique est utilisée par les administrateurs d’accord avec les vautours désireux d’accaparer la terre d’un paysan pauvre. C’est ainsi qu’en 1891 les indigènes des Ouled Auter et des Ouled Helam ont dû payer au service des Forêts environ 200.000 francs d’amendes. En 1921, les recouvrements effectués pour délits forestiers montent à 1.020.805 francs alors qu’ils atteignaient 1.459.848 francs en 1923.

Au fur et à mesure que les besoins de la colonisation vont grandissant, l’impérialisme arrache par tous les moyens les terres indigènes qui entrent dans le cadre de son expansion. Cette expropriation ruine le paysan pauvre qui en est victime, fait de lui un salarié agricole et augmente ainsi l’armée du prolétariat agricole algérien. Ce faisant, l’impérialisme prépare « ses propres fossoyeurs »,

Marcel JOUBERT

internationale


[i] Le gourbi est un abri fait de terre argileuse, de branchages avec toiture de chaume ou d’alfa

[ii] Djebel, montagne.

[iii] Voir plus loin l’explication du Khamessat

[iv] Fellah, nom arabe du paysan

Source: Les cahiers du bolchévisme numéro de février 1927

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