Mon général – Léo Ferré

 

Paroles de Mon général de Léo Ferré, chanson censurée par la République française lors de sa sortie en 1962.

Je vous écris du Paradis
Où je trouve que la Terre, c’est très joli
Puisque c’est vrai, faut bien que je le dise
Je vais vous mettre mon cœur à nu
Je suis peut-être un soldat inconnu
Mais la place était déjà prise
Alors, comme j’avais un copain
Je crois que c’était un Américain
Il m’a fait monter à l’anglaise
Le bon Dieu qui reconnaît pas le dollar
Si je les ai eus, c’est un hasard
Je leur ai chanté la Marseillaise
Mon Général, j’ai souvenance
D’une pitié qui venait de la France
Paraît qu’il faut plus en parler
Y en a que ça gêne aux entournures
Je me souviens des « manucures »
Je n’ai plus de mains, je peux rien prouver
Mais y a une chose que je peux vous dire
Paraît qu’on veut vous faire élire
C’est vrai sans blague, c’est enfantin
Ils savent pas que les vacheries de la gloire
C’est qu’au milieu d’une page d’histoire
Il faut savoir passer la main

Je me souviens du petit bistro
De la gare du Nord, de votre photo
Que je portais comme une relique
Mon Général, c’est peut-être idiot
Mais je ne sais plus trouver les mots
C’était peut-être quelque chose d’héroïque
Ah oui, c’est ça, ils m’ont emmené
Je crois bien que j’avais les poings liés
Au fond, qu’est-ce que ça peut vous faire ?
Pensez qu’ils voulaient me faire causer
Comme j’avais rien à leur donner
Ils m’ont mis le cœur en bandoulière

Mon Général, j’ai souvenance
De mes prisons hors de la France
Vous étiez loin, vous ne saviez pas
On se fait à tout, même au tragique
J’ai toujours eu le sens épique
Mais pas pour ces sortes de galas
Si d’aventure, je reviens à Paname
Y faudra rien dire à votre dame
Je vous sortirai incognito
Je vous emmènerai dans mes domaines
Je vous demande pardon de vous faire d’ la peine
J’aurai pas la gueule d’un héros

Je me souviens du matin clair
Y avait même pas un reporter
J’en ai encore la chair de poule
C’était un hôtel si parfait
Que les clients, y ressortaient jamais
Une vraie station, une vraie Bourboule
Je me souviens, mais à quoi bon ?
C’était pour moi ma seule passion
J’aimais les chiens, Dieu me le pardonne
J’en ai vu un qui m’a souri
J’y suis allé, puis j’ai compris
Ils l’avaient dressé comme un homme

Mon Général, j’ai souvenance
Que vous avez sauvé la France
C’est Jeanne d’Arc qui me l’a dit
C’est une femme qu’avait de la technique
Malgré sa fin peu catholique
Vous aviez les mêmes soucis
Et puisqu’il faut, sur cette Terre,
Que chacun passe solitaire
Vous avez le droit de rêver
Mon Général pour vos vacances
J’ vous raconterai l’Histoire de France
Des fois que vous comprendriez

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