La question – Henri Alleg IV

La suite …

La question d'Henri Alleg

Quand, un long moment après, la porte s’ouvrit de nouveau, je vis entrer Erulin, accompagné de deux officiers encore jamais vus. Dans l’obscurité, l’un d’eux s’accroupit devant moi et me mit la main sur l’épaule, comme pour me mettre en confiance : « Je suis l’aide de camp du général Massu. « Il s’agissait du lieutenant Mazza. « Cela me fait de la peine de vous voir dans cet état. Vous avez trente-six ans : c’est jeune pour mourir. » Il se tourna vers les deux autres et leur demanda de sortir. « C’est à moi seul qu’il veut parler », expliqua-t-il. La porte refermée, nous restâmes tous les deux :

« Vous avez peur qu’on sache que vous avez parlé ? Personne ne le saura et nous vous prendrons sous notre protection. Dites tout ce que vous savez et je vous fais transporter tout de suite à l’infirmerie. Dans huit jours, vous serez en France avec votre femme, vous avez notre parole. Sinon, vous allez disparaître. »

Il attendait une réponse. La seule qui me vint à l’esprit, je la lui donnai : « Tant pis ! »

« Vous avez des enfants, reprit-il, je pourrais peut-être les voir ; voulez-vous que je leur dise que j’ai connu leur père ?… Alors ? Vous ne voulez pas parler ? Si vous me laissez partir, ils vont revenir. Et ils ne s’arrêteront pas. »

Je restai silencieux. Il se leva, mais avant de partir, il ajouta : « Il ne vous reste plus qu’à vous suicider. »

Je l’entendis échanger quelques mots avec les autres qui attendaient dans le couloir : « Depuis dix ans, quinze ans, ils ont dans la tête que, s’ils sont pris, il ne faut rien dire : et il n’y a rien à faire pour leur enlever ça de là. »

Je sentais que j’arrivais au bout d’une étape : en effet, quelques instants après, deux paras entraient. Ils me détachèrent les mains, m’aidèrent à me mettre debout, puis m’accompagnèrent, en me soutenant, jusqu’à la terrasse. Toutes les deux, trois marches, ils s’arrêtaient pour me permettre de reprendre haleine. Au passage, d’autres paras croisés dans l’escalier ou sur les paliers, faisaient assaut d’esprit : « Il faut que vous le portiez ? Il ne peut pas marcher tout seul, non ? » — « C’est qu’il vient d’en prendre douze heures d’affilée », répondit l’un de mes guides, comme pour s’excuser. Nous redescendîmes enfin dans l’autre immeuble.

Au bout d’un couloir, sur la gauche, on m’introduisit dans une cellule : il s’agissait d’une salle de bains pas encore aménagée. L’un des paras me prit par les jambes, l’autre sous les bras, et ils me déposèrent sur une paillasse jetée contre le mur. Je les entendis discuter un moment pour savoir s’il convenait ou non de me mettre les menottes. « Il peut à peine bouger, ce n’est pas la peine. » Le second n’était pas d’accord : « On risque de le regretter. » Finalement, il m’enchaînèrent les poignets, non plus dans le dos, mais sur le devant. J’en éprouvai un soulagement extraordinaire.

En haut du mur, sur la droite, par une lucarne quadrillée de fils de fer barbelés, les lueurs de la ville éclairaient faiblement la pièce. C’était le soir. Du plafond avaient dégouliné sur les murs du ciment brut des filets de plâtre, et ma fièvre y dessinait des formes vivantes qui, à peine entrevues, se brouillaient aussitôt. Malgré mon épuisement, je ne pus dormir : des secousses nerveuses m’agitaient et des éblouissements me fatiguaient douloureusement les yeux. Dans le couloir, on parlait de moi : « Tu lui donneras à boire, un tout petit peu toutes les heures, pas beaucoup, sans ça il va claquer. »

Un des parachutistes qui m’avaient accompagné, un jeune à l’accent de France, entra avec une couverture qu’il étendit sur moi. Il me fit boire ; très peu, mais je ne sentais plus la soif. « Ça ne t’intéresse pas, la proposition du général Massu ? », dit- il. Sa voix n’était pas hostile. « Pourquoi tu ne veux rien dire ? Tu ne veux pas trahir tes copains ? Faut être courageux pour résister comme ça. » Je lui demandai quel jour nous étions : c’était le vendredi soir et ils avaient commencé à me torturer le mercredi.

Dans le couloir, c’était un bruit incessant de pas et d’appels, percé de temps en temps par la voix grêle d’Erulin donnant des ordres. Et brusquement, j’entendis des cris terribles, tout près, sans doute dans la pièce en face. Quelqu’un qu’on torturait. Une femme. Et je crus reconnaître la voix de Gilberte. Ce n’est que quelques jours plus tard je sus que je m’étais trompé.

On tortura jusqu’à l’aube, ou presque. Au travers de la cloison, j’entendais les hurlements et les plaintes, étouffés sous le bâillon, les jurons et les coups. Je sus bientôt que ce n’était pas une nuit exceptionnelle, mais la routine de la maison. Les cris de souffrance faisaient partie des bruits familiers du « centre de tri », et aucun des paras n’y prêtait plus attention, mais je ne crois pas qu’il se soit trouvé un seul prisonnier qui n’ait comme moi pleuré de haine  et d’humiliation en entendant pour la première fois les cris des suppliciés.

J’étais à demi conscient. Je ne m’endormis vraiment qu’au matin, pour me réveiller très tard, lorsque le para de la veille m’apporta une soupe chaude : mon premier repas depuis le mercredi. J’en avalai difficilement quelques cuillerées : mes lèvres, ma langue, mon palais étaient encore irrités par les écorchures des fils électriques. D’autres plaies, des brûlures à l’aine, à la poitrine, aux doigts s’étaient infectées. Le para m’enleva les menottes et je m’aperçus que je ne pouvais plus remuer ma main gauche, insensible et raide. Mon épaule droite était douloureuse et ne me permettait pas de lever le bras.

C’est dans l’après-midi que je revis mes bourreaux. On aurait dit qu’ils s’étaient donné rendez-vous dans ma cellule. Ils étaient tous là : soldats, officiers et deux civils (de la D. S. T. sans doute) que je n’avais pas encore vus. Ils se mirent à converser entre eux, comme si je n’avais pas été présent.

« Alors, il ne veut pas parler ? dit l’un des civils.

—       On a tout le temps, dit le commandant, ils sont tous comme ça au début : on mettra un mois, deux mois ou trois mois, mais il parlera.

—       C’est le même genre que Akkache ou Elyette Loup, reprit l’autre. Ce qu’il veut : c’est être un « héros », avoir une petite plaque sur un mur dans quelques centaines d’années. » Ils rirent à sa plaisanterie.

Tourné vers moi, ils constata en souriant : « On t’a bien arrangé.

—       C’est de sa faute, dit Charbonnier.

—       Il se fout de tout, dit Erulin, de sa femme, de ses gosses ; il aime mieux le Parti. »

Il avait posé sa botte sur moi, comme sur un gibier ; puis il ajouta, comme si cela lui revenait soudain : « Tu sais que tes gosses arrivent ce soir par avion ? Il va leur arriver un accident. » Ils commencèrent à sortir, mais Devis et Charbonnier, qui avaient senti que j’hésitais à prendre au sérieux ce chantage, s’attardèrent sur le pas de la porte :

« Vraiment, tu te fous de tes enfants ? » dit le lieutenant. Ils restèrent un moment silencieux et Charbonnier conclut :

« Bon ! alors, tu vas crever.

—        On saura comment je suis mort, lui dis-je.

—        Non, personne n’en saura rien.

—        Si, répondis-je encore, tout se sait toujours. »

Il devait revenir, le lendemain dimanche, avec Erulin, pour un moment seulement. Tous deux étaient souriants. « Tu n’as pas changé d’avis, dit Charbonnier. Alors, tu te prépares d’autres ennuis. On a des moyens scientifiques (il appuyait sur l’adjectif) pour te faire parler. »

Quand ils furent partis, je frappai à la porte et demandai à me lever. Soutenu par un para, j’allai jusqu’à la cuisine en m’appuyant au mur et me passai un peu d’eau sur le visage. Comme je me recouchais, un autre para — cet Européen d’Algérie qui faisait équipe avec Lorca — passa la tête dans l’entrebâillement de la porte et me demanda, l’air narquois : « Alors, ça va mieux ? » — « Oui, lui dis-je sur le même ton, vous allez pouvoir bientôt recommencer. » J’aurais voulu qu’il bavarde un peu et me laisse deviner ce qu’on me préparait, et quels étaient ces moyens « scientifiques ». Mais il répondit seulement avec hargne : « Tu as raison, ce n’est pas fini, on te niquera la gueule. »

C’est le lundi après-midi qu’Erulin me réveilla. Deux paras m’aidèrent à me mettre sur pieds et nous descendîmes tous les quatre. Un étage plus bas, c’était l’infirmerie : une grande pièce largement vitrée : quelques lits de camp et une table surchargée de médicaments en désordre. Il n’y avait là pour le moment qu’un médecin-capitaine qui semblait m’attendre. Il était assez jeune, maigre, le poil noir et mal rasé, l’uniforme fripé. Avec un accent du Midi, il me dit en guise de salutation :

« Vous avez peur ?

—         Non, lui dis-je.

—         Je ne vous donnerai pas de coups et je vous promets de ne pas vous faire mal. »

On m’allongea sur un des lits de camp. Penché sur moi, il prit ma tension et m’ausculta avec son stéthoscope. « On peut y aller. Juste un peu nerveux », dit-il à Erulin. Je me sentis gêné qu’il ait ainsi découvert mon émotion dans les battements de mon cœur. Tous ces préparatifs confirmaient ce que j’appréhendais. Ils allaient expérimenter sur moi le « sérum de vérité ». C’était cela les « moyens scientifiques » dont Charbonnier m’avait parlé.

Depuis la veille, je m’efforçais de regrouper tous les souvenirs que m’avaient laissés des lectures faites au hasard des journaux sur les effets du pentothal. « Si la volonté du sujet est assez forte, on ne peut le forcer à dire ce qu’il ne veut pas dire. » J’en avais retenu cette conclusion, que je me répétais pour garder mon calme et ma confiance. Il n’aurait servi à rien de me débattre : ils m’auraient attaché, et il était préférable d’utiliser toute mon énergie pour résister au mieux à la drogue.

On attendit un moment l’infirmier ou l’adjoint médical. Il revenait sans doute d’une opération ou d’une patrouille, car il était en tenue de campagne. Il dut se débarrasser de sa mitraillette et de son équipement avant d’écouter les explications du docteur : « D’abord cinq centimètres cubes seulement, car il y a des corps qui résistent. » Il pensait aux intolérances de certains organismes aux narcotiques, mais sur le moment je crus qu’il voulait parler de résistance psychologique et je décidai de leur donner l’impression que je ne « résistais » pas. C’était, pensais-je, la meilleure façon d’absorber la dose minima de « sérum ».

Je grelottais de froid et de nervosité : j’étais torse nu, car on ne m’avait pas rendu ma chemise, que quelqu’un avait dû trouver à son goût. Un des paras me jeta une couverture sur le corps, et l’infirmier s’approcha. Il me prit le bras droit, fit saillir la veine avec un ruban de caoutchouc et y enfonça l’aiguille. Sous la couverture, je glissai ma main gauche, raide et insensible, dans la poche de mon pantalon et je la pressai contre ma cuisse, à travers le tissu, me forçant à penser que, tant que je sentirais ce contact, je me souviendrais qu’il ne s’agissait pas d’un rêve et je resterais sur mes gardes. L’infirmier n’appuyait que très lentement sur la seringue et le liquide ne devait s’écouler que goutte à goutte dans mon sang. « Comptez doucement, me dit le docteur, allez ! »

Je comptai : « un, deux, trois… » jusqu’à dix, et m’arrêtai comme si j’étais déjà endormi. A la base de la nuque, je sentais un engourdissement glacé qui montait vers le cerveau et me poussait dans l’inconscience « Onze, douze, treize, dit le docteur pour m’éprouver, continuez î » Je repris après lui : « Quatorze… quinze… seize » Je sautai volontairement deux ou trois mesures, repris à dix-neuf, vingt, vingt et un et me tus. Je l’entendis dire : « L’autre bras, maintenant. » Sous la couverture, je déplaçai lentement ma main droite pour la mettre dans ma poche, toujours avec le sentiment que, tant que mes ongles pinceraient ma chair, je serais bien amarré à la réalité. Mais, malgré tous mes efforts, je m’endormis…

Le docteur me tapotait doucement les joues. Presque en chuchotant, d’une voix qu’il voulait amicale, il disait : « Henri ! Henri ! c’est Marcel ; tu vas bien ? » J’ouvris les yeux. Lentement, avec effort, je reprenais conscience de ce qui se passait. Il faisait sombre, ils avaient tiré les volets. Autour de moi, assis sur des lits de camp, des paras et des officiers — ceux que je connaissais et d’autres sans doute conviés à assister à l’expérience — écoutaient en silence. Je vis que le docteur avait une feuille de papier à la main et je compris que c’était la liste des questions qu’il devait me poser.

Sur le ton familier de quelqu’un qui rencontre un vieil ami, il commença par me demander : « Tu as travaillé longtemps à Alger Républicain ? » La question était inoffensive : sans doute cherchait-il à me mettre en confiance. Je m’entendis répondre avec une volubilité extraordinaire : je donnai des détails sur les difficultés de fabrication d’un journal, puis je passai à la constitution des équipes rédactionnelles. C’était comme si j’avais été ivre, comme si quelqu’un d’autre avait parlé à ma place, mais je gardais assez de conscience pour me souvenir que j’étais entre les mains de mes bourreaux et qu’ils cherchaient à me faire dénoncer mes camarades.

Tout cela n’était pourtant qu’une introduction. Le docteur chuchotait à son assistant : « Ça marche, vous voyez ; c’est comme cela qu’il faut faire. » Il me coupa au milieu de mes explications et me dit à mi-voix : « Henri, on m’a dit de m’adresser à toi pour voir X… Comment faire ? » Sous un déguisement « amical », c’était une question qu’ils m’avaient posée vingt fois pendant qu’ils me torturaient. Mille images se présentaient dans ma tête ivre : j’étais dans la rue, dans un appartement, dans un square et toujours avec ce « Marcel » qui me poursuivait et m’importunait de ses questions. Je faisais un effort et, soulevant les paupières, j’arrivais à reprendre pied dans la réalité pour replonger aussitôt dans cette demi-inconscience. Il me secoua un peu pour que je lui réponde :

« Où est X… ? » et nous commençâmes un dialogue de fous.

« Je m’étonne, lui dis-je, qu’on t’ait adressé à moi. Je ne sais pas où il est.

Quand il veut te voir, comment fait- il ?

—        Il n’a jamais besoin de me voir, je n’ai rien à faire avec lui.

—        Oui, bien sûr, mais s’il voulait te voir, comment ferait-il ?

—        Il mettrait sans doute un mot dans ma boîte, mais il n’y a aucune raison. »

Je me débattais dans cette conversation gluante, toujours assez conscient, malgré la drogue, pour résister à ces brutes.

« Ecoute, reprit-il, j’ai une planque pour X…, il faut absolument que je le voie ; si tu le touches, peux-tu me mettre en rapport avec lui ?

—        Je ne t’ai rien promis, lui dis-je. Ça m’étonnerait qu’il me donne rendez-vous.

—        Bon, mais si par hasard il venait, comment puis-je te toucher ?

—        Où habites-tu ? lui demandai-je.

—        26, rue Michelet, troisième étage, à droite. Tu demandes Marcel.

—        Très bien, lui dis-je, je me souviendrai de l’adresse.

—        Non, ce n’est pas bien : je te donne mon adresse, il faut que tu me donnes la tienne, tu dois avoir confiance.

—        Alors, lui dis-je encore, si tu veux, nous pouvons nous retrouver à l’arrêt du Parc de Galland, dans quinze jours, à dix-huit heures. Je m’en vais, je n’aime pas traîner dans la rue.

—        C’est vers le Parc de Galland que tu habites ? Dis-moi ton adresse », dit-il encore.

J’étais épuisé et je voulais en finir, même grossièrement :

« Tu m’emmerdes, lui dis-je, au revoir.

—        Au revoir », dit-il.

Il attendit un instant, sans doute pour être certain que j’étais bien endormi et je l’entendis chuchoter à quelqu’un près de moi : « On n’en tirera rien de plus. » Puis je les entendis tous se lever et se diriger vers la sortie, comme après un spectacle. L’un d’eux, en passant, alluma l’électricité et, d’un seul coup, je repris entièrement conscience. Ils étaient près de la porte, certains déjà dehors, d’autres, dont Erulin et Charbonnier, encore dans la pièce et qui me regardaient. De toutes mes forces, je leur criai : « Vous pouvez revenir avec votre magnéto, je vous attends : je n’ai pas peur de vous. » Le docteur, une petite sacoche à la main, sortait lui aussi : il leur fit signe de ne pas répondre. Avant de quitter la pièce, il dit à l’infirmier : « Il risque d’être un peu vaseux maintenant, donnez-lui des cachets. »

Avant que les deux paras qui m’avaient amené là me reprennent en charge, l’infirmier soigna mes plaies et couvrit les brûlures que j’avais à l’aine et à la poitrine de pansements adhésifs. Enfin, ils m’aidèrent à remonter jusqu’à ma cellule. Là, l’un des deux, sortant deux cachets de sa poche, me dit : « Avale ça ! » Je les pris, les glissai sous ma langue, bus une gorgée d’eau et lui dis : « Ça y est. » Dès que la porte se fut refermée, je les recrachai. Sans doute, n’était-ce que de simples cachets d’aspirine, mais je n’arrivais plus à penser correctement et je me sentais envahi d’une méfiance aiguë à l’égard de toute chose. Je me demandais surtout si ce n’était pas que le début du « traitement ». Je sentais que je n’étais plus dans mon état normal : mon cœur, mes tempes battaient fiévreusement. J’avais rendez-vous avec « Marcel ». Cette création du pentothal prenait une consistance de chair. J’avais réussi à ne pas répondre à ses questions, comment me défaire de lui la prochaine fois ? Je sentais que je délirais. Je me giflais, je me pinçais pour être certain que tout cela n’était pas un rêve. Mais je ne reprenais pied dans la réalité que pour revenir aussitôt aux craintes que la drogue suscitait en moi.

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