Fernand Iveton raconte comment il a été torturé

Fernand Iveton est un exemple pour tous les internationalistes.

Ouvrier communiste d’Algérie, il a tout de suite rejoint les positions indépendentistes y compris à travers sa pratique.

Avec ses camarades algériens, il y laissera la vie, assassiné par la République française.

Fernand Iveton raconte les supplices que la police colonialiste lui a fait subir après son arrestation.

Dans le tome 2 de l’ouvrage rédigé sous la direction d’Henri Alleg : « La Guerre d’Algérie », sont publiés des extraits du mémoire écrit par Fernand Iveton sur les supplices qu’il a subis.
Ce mémoire a été rédigé sur les conseils de son avocat Maitre José Nordmann, arrivé à Alger le 26 novembre 1956.

Voici ce qu’il écrit le 2 décembre de la même année : « L’on me fit passer sur tout le corps, le cou, les parties etc. le courant.
La question était : où se trouve la deuxième bombe ?  Comme je ne le savais pas et que les papiers dont j’étais porteur marquaient 19h 30, les tortures reprenaient de plus belle avec le courant, accompagnées de la menace de revolvers que je sentais sur mon corps.
Voyant sûrement qu’il n’y avait plus de place pour le courant, car j’étais entièrement brûlé (un certificat médical, dix jours après en fait foi), l’on me fait subir le supplice de l’eau. Toujours nu, on m’enveloppa le corps d’une couverture humide. Couché sur un banc et ficelé très fortement, le cou tombant en arrière au bout du banc, un homme et quelquefois deux, assis sur mon ventre, un chiffon en fil, genre gaze sur la bouche et le nez.
L’on m’emporte sous un évier et l’eau commence à couler, le chiffon se colle sur le nez m’empêchant toute respiration et je suis obligé de boire jusqu’à étouffement complet ; quand le ventre est gonflé, mes tortionnaires assis sur moi font du tape-cul sur mon ventre et l’eau me sort de partout. J’en pisse par le nez et les tempes me font mal à éclater, tant ma souffrance est grande. Vers 19 heures 15, alors que le supplice dure depuis 16 heures 20, je prétends savoir où se trouve cette deuxième bombe et leur donne la première adresse qui me passe par la tête. Hussein Dey, rue Boensch. C’était un atelier où j’avais travaillé en 1941. Pendant qu’une équipe allait contrôler, on me laisse respirer.
À leur retour voyant que je m’étais foutu d’eux, cela a repris de plus belle jusqu’à l’évanouissement. Je me réveille dans une cellule, seule en compagnie des rats avec mon linge mouillé à mes côtés. J’appris le lendemain par eux qu’une bombe avait été trouvée dans un camion de CRS mais elle n’avait pas éclaté. »
« Voilà pour la première soirée. »

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