La Vénus Noire d’Abdellatif Kechiche

La Vénus noire est un film qui nous prend aux tripes, qui nous fait ressentir dans notre corps même toute la sauvagerie du colonialisme.

Un film basé sur une histoire vraie!

Il fait mal, il chamboule, mais c’est un mal nécessaire. Il faut se confronter avec la réalité du colonialisme pour le combattre  efficacement.

La bande annonce:

Dans la presse:

Dans « Vénus Noire », le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche retrace l’histoire atroce de Sawtche, la « Vénus hottentote », qui fut présentée comme une bête de foire au XIXe siècle en Europe. Retour sur un phénomène colonial extrêmement répandu et populaire.

Derrière les mots utilisés, il y a une pensée et des tombereaux d’idées toutes faites. Ainsi, qui connaît Sawtche ? Personne. Et Saartjie Baartman ? Ah, cela vous rappelle quelque chose, mais quoi ? Qui ? En revanche, vous connaissez le sort funeste de la « Vénus hottentote », cette femme sud-africaine exhibée telle une bête de foire en Europe, au début du XIXe ­siècle, et étudiée par le scientifique français Georges Cuvier dans la perspective de bâtir une hiérarchie des races. Eh bien, son nom était Sawtche ; elle fut ­baptisée plus tard Saartjie Baartman. Mais que ­dit-on quand on associe le mot « vénus » et l’épi­thète « hottentote » ?

Le premier renvoie, bien plus qu’à la déesse de l’amour, à ces sculptures du paléolithique représentant des femmes aux fesses, aux hanches, aux seins ou aux organes génitaux hypertrophiés (Vénus de Lespugue, Vénus de Willendorf, etc.). Le terme « hottentot » serait, quant à lui, un sobriquet utilisé par les Afrikaners pour qualifier les Khoïkhoïs, dont la langue aux « clics » caractéristiques pouvait évoquer le bégaiement aux oreilles des Européens. Autant dire que, huit ans après le retour du corps de Sawtche sur sa terre natale, près de deux cents ans après sa mort, le langage commun porte encore les traces d’inoxydables préjugés.

Le titre du film réalisé par le Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche n’est pas La Vénus hottentote, mais Vénus noire (en salle le 27 octobre). Il est permis de supposer que le réalisateur a conservé le terme « vénus » débarrassé de l’article défini pour lui rendre ses connotations positives et qu’il l’a volontairement ­affublé d’un adjectif cher à Léopold Sédar ­Senghor (« Femme nue, femme noire »). Révolution du langage, révolution de la pensée. Le premier long-métrage consacré à Sawtche est l’œuvre d’un homme venu du continent africain, lui-même confronté au regard de l’Europe. Un homme qui a choisi une actrice cubaine dont les ancêtres furent, sans doute, esclaves des Blancs. Un homme qui ose un film sans concession pour dire ­l’Afrique humiliée, méprisée, pillée, saccagée, dépossédée, l’Afrique violée sans honte ni retenue. C’est certain : par son courage, son intelli­gence, sa perti­nence, sa radicalité, Vénus noire fera date.

Source: jeune Afrique

 

Entretien avec Abdellatif Kechiche:

La psychologie ne suffit pas à résumer la complexité d’un être
Le psychologisme limite même la compréhension de l’être humain. L’image seule révèle parfois beaucoup plus de nuances dans la nature humaine que toutes les tentatives d’explications psychologiques. Quand le cinéma parvient à être aussi fin que la vie, c’est magnifique. Le jeu de l’acteur y fait beaucoup… Il faut toujours garder à l’esprit que la technique au cinéma peut aussi nuire à ce jeu et le rendre complètement hermétique à la vie…
Et puis parfois, il n’y a pas d’explications à chercher : il y a le mystère. Saartjie est un personnage très mystérieux… C’est ce qui m’a tout de suite intéressé… Finalement, on ne sait pas grand chose de ses motivations réelles, on a juste quelques dates sûres : le voyage d’Afrique du Sud en Angleterre, les représentations, le procès à Londres, son baptême et son passage devant les scientifiques français. Tout le reste est en pointillés… C’est ce vide d’explications qu’il est intéressant de filmer. Son mystère préservé nous oblige à nous interroger en permanence sur nous-mêmes.
J’ai lu tout ce qui a été écrit sur elle, et j’ai trouvé qu’on avait souvent tendance à trop verser dans l’explicatif. Soit on en faisait une esclave totale, sans nuance, ce qui m’a semblé un peu difficile à croire, parce qu’elle aurait notamment pu profiter de la main tendue par l’Institut Africain, ce qu’elle n’a pas fait. Et puis, dans les dernières recherches historiques, on sait qu’elle se donnait déjà en représentation au Cap… Soit c’était trop romancé et elle perdait tout son mystère, ce qui me paraissait irrespectueux. Parce qu’en fait, Saartjie Baartman m’a tout de suite inspiré le respect. Pas ce que l’on a écrit d’elle, mais son image.
L’image parle parfois plus que tout ce que l’on peut écrire. C’est ce que j’ai ressenti en voyant les portraits de Saartjie faits par les dessinateurs du Muséum, et plus encore en découvrant son moulage original conservé en France. J’ai été saisi d’émotion par son visage. Il parle d’elle mieux que personne. On perçoit, bien sûr, toute sa souffrance : elle a les traits boursouflés par l’alcool, la maladie, mais au-delà de ça, elle semblait – dans les dessins, comme dans le moulage – appréhender la vie avec un détachement d’un ordre quasi mystique… La souffrance qu’elle a endurée y est certainement pour beaucoup… Les désillusions aussi… C’est ce à quoi j’ai été le plus sensible. Elle inspire le détachement, l’abnégation la plus totale, et l’intelligence. Elle doit en savoir sur la nature humaine… En rencontrant son image, j’ai éprouvé le devoir de raconter son histoire.

Être artiste, comme prétend l’être Saartjie, c’est s’offrir sans barrières au public. Saartjie ne s’offrait pas sans barrières au public, elle était sans cesse violée par tout le monde. Ce que voyaient les gens, ce n’était pas elle, c’était une caricature : ce n’était pas ce qu’elle voulait donner, c’était ce qu’ils voulaient voir. Se conformer au regard de l’autre, lorsque ce regard est avilissant, c’est très douloureux, compliqué, et en un sens elle était une véritable esclave.
Saartjie était une artiste, c’est rapporté un peu partout : elle jouait d’un instrument, avait des prédispositions pour le chant, et dansait très bien… Une artiste complète dont le drame est peut être qu’elle n’a jamais pu s’exprimer, parce que ce n’est pas ce que l’on attendait d’elle… Elle ne devait pas s’exprimer, elle devait illustrer un discours, donner raison à la mentalité de l’époque. Elle était prisonnière du regard de l’autre… Finalement c’est peut être le thème principal du film : l’oppression du regard.
Je me suis beaucoup identifié à cette dimension du personnage. C’est ce que je ressentais en tant qu’acteur, à mes débuts. Je souffrais de ce que l’on attendait de moi, non pas comme acteur mais comme arabe. Je me sentais dans une prison. Les rôles qu’on offrait aux arabes étaient à l’époque très limités.

Le rôle premier du réalisateur est d’instaurer en amont un esprit de troupe
Fédérer une équipe autour d’un projet aide le travail. J’ai toujours essayé au cinéma d’apporter la même rigueur de travail que j’ai connue dans le théâtre. C’est-à-dire ne pas commencer les répétitions au premier jour de tournage, mais répéter longtemps avant. Les acteurs apprennent à se connaître, forment une troupe et j’apprends à mieux cerner les possibilités de chacun…
Ce souci de troupe a longtemps été pour moi une obsession. Sur ce film, étrangement, je me sentais plus apaisé, confiant dans l’interaction qui devait se nouer entre Yahima, Olivier, André, Elina et Michel, entre autres. C’est quasiment de l’ordre de l’intuition. Si l’on prend l’exemple d’André Jacobs, mon regard s’est arrêté sur sa photo et l’évidence était là : il serait Caezar. Je ne l’avais jamais vu jouer auparavant et je ne lui ai fait passer aucun essai.

Le choix d’un acteur non professionnel, tel que Yahima Torres, garantit l’authenticité de son jeu
On peut n’avoir aucune expérience et avoir un jeu déjà surfait… Mon choix s’est porté sur elle parce je n’avais pas trouvé d’actrice noire dont la morphologie se rapprochait de celle de Saartjie Baartman.
Yahima, je l’ai vue pour la première fois en 2005. Elle est passée dans la rue, à côté de chez moi. J’ai été saisi par sa présence et des traits qui m’ont fait immédiatement pensé à Saartjie. Lorsque je l’ai recontactée quelques années après pour lui faire passer des essais, c’est la légèreté avec laquelle Yahima prend la vie qui a conforté mon choix. J’ai compris que je pourrai la pousser loin dans l’émotion sans qu’elle en soit meurtrie. J’ai ensuite choisi un groupe d’acteurs qui la soutiendrait, cette « troupe » si précieuse à mes yeux. Tous ses partenaires, ces acteurs du métier étaient non seulement exceptionnels mais aussi et spontanément protecteurs, généreux envers Yahima. Penser que l’on prend des acteurs non professionnels pour des raisons de spontanéité dans le jeu est un mythe. Il est beaucoup plus facile de travailler avec des acteurs professionnels du moment qu’ils sont talentueux, qu’avec des non professionnels qu’il faut former et à qui il faut tout expliquer. Au départ, ils ont un don, assez répandu finalement ; le reste, c’est beaucoup de travail pour les amener à un professionnalisme. Et l’impression d’authenticité ne provient que du travail.

Le décorum historique au cinéma tue la grande et la petite histoire
Se lancer dans une adaptation historique fait craindre le risque de ne mettre en scène que le décorum, et de s’y perdre. Il est sûrement très jouissif de faire exister le passé dans le moindre détail, et de bien le faire, comme un tableau. Le risque est d’y consacrer toute son énergie au point de ne plus savoir pourquoi on le fait… En ce qui me concerne, le risque s’en trouvait limité par manque de moyens. Le film avait été chiffré au départ au double de ce qu’il a coûté. C’est dans tout ce qui fait le décorum historique que j’ai dû sacrifier en premier.
Et puis, l’esthétique très léchée du passé dans le cinéma ne me fascine pas particulièrement. J’ai toujours été plus attaché à filmer les visages les moins fardés, plutôt que les décors et les costumes, et à me libérer des contraintes habituelles du cinéma, comme les heures de maquillage, d’éclairage etc.
De toute façon, mon principal intérêt dans le parcours de Saartjie Baartman s’est tout de suite inscrit dans une dimension qui, à mon sens, dépasse l’histoire : la complexité des rapports de domination, les problématiques des gens de spectacle et la place de l’humain dans tout ça.

L’homme est un loup pour la femme
C’est un peu dur pour le pauvre loup… Les humains sont comme ils sont, capables du pire et du meilleur. Il est vrai que les hommes ont beaucoup opprimé les femmes dans l’Histoire… Mais alors une femme noire et différente ! Elle synthétise en elle tous les motifs d’oppression.
En réalité, je n’ai pas cherché à charger les hommes… J’ai plutôt questionné l’image, dans le sens où j’ai montré ce qui a été rapporté, pour comprendre comment une telle oppression pouvait être concevable. J’ai essayé autant que possible de ne pas porter de jugement sur les personnes, mais c’est vrai que parfois, cela n’était pas évident. Par exemple, en ce qui concerne les scientifiques, j’ai simplement mis en image ce qu’ils ont eux-mêmes écrit ou fait, cela suffisait amplement… J’ai trouvé cela parfois tellement violent que j’ai dû atténuer un peu les faits…
Lorsque j’ai appris que le comité de scientifiques qui a observé Saartjie vivante – ce qui déjà, vu les commentaires qu’ils ont consignés, a dû être très humiliant pour elle – a profité de sa mort pour chercher à voir ce qu’elle leur avait interdit de son vivant, j’ai trouvé cela d’une horreur absolue. On ne peut pas, sous couvert de la recherche scientifique, perdre autant son humanité… Je ne croyais pas possible que des gentilshommes dans de beaux habits charcutent le corps d’une femme en toute impunité, la mettent dans des bocaux, et aillent se pavaner, discourir avec ça comme s’il s’agissait d’ un trophée…
Bien sûr, on peut dire qu’ils la considéraient comme un animal, mais en vérité pas tant que ça. Ils cherchaient à prouver qu’elle était plus proche de l’animal que de l’homme, mais tout dans leurs récits porte à croire qu’ils en doutaient eux-mêmes…
D’ailleurs un animal ne leur aurait pas opposé de refus…
C’est peut-être ce que je leur reproche le plus : la malhonnêteté intellectuelle. Ils n’étaient pas aveuglés par leurs idées, ils s’aveuglaient délibérément par ambition. C’était la course, dans les milieux scientifiques, à celui qui apporterait la justification de l’exploitation de l’Afrique qui se déroulait parallèlement. Il fallait enlever aux africains toute forme d’humanité pour pouvoir se donner le droit de les opprimer.

La culture africaine et l’idée même de civilisation sont antinomiques
Ce genre de phrase illustre pour moi l’acharnement de tout un courant pseudo-intellectuel à faire des africains des sous-hommes. Je refuse de participer à un tel débat.
C’est du même ordre que Cuvier qui prétend que les égyptiens ont beau avoir été noirs, ils appartenaient à la race des blancs… Je laisse le soin aux intellectuels africains, qui le feront bien mieux que moi, de défendre leur place dans l’histoire de l’humanité.
Il est essentiel pour une société de connaître son histoire. Je suis convaincu qu’il est malsain d’occulter le passé. En donnant chair à Saartjie Baartman, j’espère avoir contribué à ma manière à mettre un peu en lumière une zone d’ombre de l’histoire de France, et à faire que les langues se délient.

Saartjie n’est pas ce symbole de l’asservissement du peuple noir, tel que l’a célébré l’Afrique du sud en 2002
Suivant la manière dont son histoire est rapportée, elle apparaît parfois comme une esclave au sens premier du terme, c’est-à-dire une femme mise en cage, exploitée et maltraitée, ou plutôt comme une femme qui se donnait en spectacle de son plein gré, ce qui ne l’empêchait pas d’être maltraitée.
Je crois que le débat n’est pas là. Le fait qu’elle se serait donnée en spectacle de sa propre volonté n’enlève rien à la puissance du symbole d’asservissement du peuple noir qu’elle représente. Il lui en donne peut-être même bien plus. Parce que la violence morale infligée à Saartjie est plus intolérable que tout acte de brutalité physique. Mais aussi parce qu’en rendant sa complexité à son asservissement, lequel a dû être avant tout moral, on le relie à toutes les formes d’oppressions encore pratiquées. Ainsi, l’oppression symbolique, au travers de la représentation caricaturale des minorités et des petites phrases racistes, qui justifient la domination d’un homme, d’une femme ou d’un groupe d’hommes, par un autre. C’est toujours d’actualité…

Le processus de fabrication d’un film est une négociation permanente, y compris avec soi-même, pour en préserver l’intégrité artistique
L’intégrité artistique est un idéal. On se bat pour l’approcher. D’abord contre les autres, car chacun voit le film à sa manière. Arriver à fédérer toute un équipe vers une même idée du film est très compliqué. Il faut avoir un moral d’acier pour ne pas lâcher prise et aller au bout de ses choix. Contre soi-même, bien sûr parce que nous sommes tous pétris d’influences, de conventions. Remettre tout en question n’est pas facile. Les conventions rassurent. Aller à leur encontre nous met en danger, nous expose à l’incompréhension…
Le tournage n’a pas toujours été confortable pour tout le monde, notamment pour l’équipe technique… C’est une impression diffuse très délicate à expliciter… Mettre en scène un personnage qui souffre, notamment lors des scènes se déroulant dans les salons libertins, répéter les prises pour atteindre la vérité de cette femme, ne laisse personne indemne et sans interrogation. Entre écrire « Il la frappe » ou « Elle s’allonge à même le sol devant un public », et le voir, il y a un décalage qui peut susciter un malaise… On n’approche pas ce film comme on aborderait un sujet tendre et romantique ; en questionnant l’humain, on touche forcément ceux qui sont impliqués dans le processus de fabrication.
La scène du salon libertin en a été l’exemple le plus frappant. Dans le scénario, elle était beaucoup plus crue, explicite. Le regard que j’allais porter sur cette scène-là était au centre de tous les regards. Je me suis reposé sur les témoignages qui existaient et j’ai fait acte d’interprétation, notamment lorsque je « sauve » les libertins qui, face aux pleurs de Saartjie, stoppent l’exhibition. J’aimais l’idée qu’après avoir subi la violence des scientifiques, Saartjie rencontre des gens qui voient en elle une source de désir, de beauté et finissent par la respecter. Je voulais aussi questionner le phénomène de groupe, dans lequel l’individu se sent moins exposé parce que sa responsabilité est diluée… Tout en montrant ce qui est humainement insoutenable, je n’ai jamais perdu de vue les règles de pudeur et de respect envers l’équipe. Je me suis laissé guider autant par la préparation en amont que par ce qui jaillit de l’instant. C’est l’acteur, son émotion, sa violence et son rythme qui vous donnent la sensation que c’est dans telle direction qu’il faut aller… Comme sur mes films précédents, j’ai essayé de faire en sorte que le plateau soit un lieu de création et non pas d’exécution.

Le regard d’un cinéaste dicte et influence celui du spectateur
Je n’ai jamais ressenti autant que dans la réalisation de ce film la pression du regard du spectateur… Pour approcher Saartjie au plus juste, j’ai mené une sorte d’enquête, de reconstitution des faits. Et ce sont les détails qui font l’histoire, comme ce moment où l’une des spectatrices londoniennes touche les fesses de Saartjie avec un parapluie : il est rapporté tel quel dans un témoignage de l’époque. Les gens allaient vraiment voir la Vénus Hottentote pour s’amuser à toucher ses grosses fesses en ayant peur d’être mordus.

La violence, c’est essentiellement celle du regard. Le film est nécessairement une réflexion sur la direction du regard du spectateur. Sur le cinéma aussi : qu’est-ce qu’en espère le spectateur ? Que faut-il lui donner et de quelle manière ?
La question de la responsabilité d’un cinéaste en découle. Dans cette perspective, ma démarche a été d’être dans chacun des personnages. Caezar a beau penser à s’enrichir, il n’en est pas moins traversé d’obsessions artistiques. Réaux est un metteur en scène qui fera tout pour que le spectacle comble les attentes de son public. Même Cuvier affiche, au-delà de ses ambitions scientifiques, une réflexion sur l’esthétique. Je voulais leur rendre leur vérité propre.
L’intelligence de celui qui regarde un récit comme celui-là doit être en éveil. Moi le premier, car je n’ai pas forcément toutes les clés d’explication, de compréhension malgré la passion que j’ai pour le personnage de Saartjie. Je ne l’ai jamais perçue comme un symbole, encore moins une sainte, mais comme quelqu’un qui allait m’apprendre à parler de certaines choses. Regardez l’aura qu’elle a encore aujourd’hui. Malgré tout ce qu’on lui a pris, il me semble que Saartjie a encore à donner, quelque chose à nous dire. Peut-être, qu’après dix ans passés « ensemble », suis-je devenu son instrument (rires) ?

Entretien avec Abdellatif Kechiche
Propos recueillis par Philippe Paumier
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