nous avions présenté le film ici.
Il est difficilement trouvable, c’est pourquoi, nous vous indiquons ce lien:
nous avions présenté le film ici.
Il est difficilement trouvable, c’est pourquoi, nous vous indiquons ce lien:
Parti avec ses parents, son frère et son oncle pour aller manifester à Paris, Khaled Benaissa se perd dans un mouvement de foule au Pont de Courbevoie, lorsque des policiers tirent.
« J’ai trébuché… sur des tas de personnes déjà tombées, et d’autres personnes me sont tombées dessus. Je me suis dit ça y est je suis mort. »
L’humour qui est appréciation rigoureuse de l’évènement est inaperçu de l’occupant.
Et le courage que manifeste la femme algérienne dans la lutte n’est pas une création inattendue ou le résultat d’une mutation.
C’est la réplique de l’humour dans la phase insurectionnelle.
Frantz Fanon
Les massacres qui, le 8 mai 1945, ont débuté dans la ville de Sétif en Algérie sont de ceux que l’Etat français s’est employé à dissimuler ou à minimiser durant plus de soixante années.
L’historien Jean-Louis Planche leur a consacré un ouvrage résultat de ses longues recherches au centre des Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence. [1]
Son constat est sans appel : entre le 8 mai et le 26 juin 1945, 20.000 à 30.000 Algériens ont été tués par l’armée française et les colons européens dans le département du Constantinois.
L’auteur parle de « boucherie quotidienne », soit 400 à 500 assassinats par jour.
Tout a commencé le 8 mai 1945 alors que les peuples européens fêtaient la victoire des puissances alliées sur l’Allemagne nazie.
Des Algériens avaient cru – légitimement – que leur aspiration à l’indépendance nationale valait bien celle qui avait animée la Résistance française. Mais, c’était sans compter avec le fait que De Gaulle avait donné pour instruction aux chefs militaires en poste en Algérie de ne pas laisser ce pays « nous filer entre les doigts ».
Le matin du 8 mai, 2.000 à 3.000 Algériens se sont rassemblés devant la mosquée de la ville de Sétif. Après avoir déposé dans le bâtiment tout ce qui pourrait ressembler à une arme, ils sont partis en cortège en direction du monument aux Morts où devait être commémorée la capitulation allemande.
En tête, des scouts musulmans portent une gerbe de fleurs, suivis de militants avec des drapeaux algériens – vert et blanc frappé d’un croissant et d’une étoile rouges – et des banderoles portant des inscriptions : « Nous voulons être vos égaux », « A bas le colonialisme », « Vive l’Algérie libre et indépendante ».
Pour les policiers, c’en est trop.
Afin de se saisir d’un drapeau jugé séditieux, un inspecteur tire et tue son porteur. D’autres policiers tirent au pistolet-mitrailleur sur la foule. De leur balcon, des Européens tirent également au fusil.
Les manifestants algériens entrent en panique et cherchent à quitter la ville mais les gendarmes font barrage et ouvrent le feu à leur tour. Dans leur fuite, les Algériens s’en prennent à quelques Européens qu’ils rencontrent. Il y a quelques morts et blessés de ce côté également.
Le même jour, d’autres villes du Constantinois connaîtront des évènements semblables, notamment Guelma.
Les autorités civiles et militaires ne s’attendaient pas à ce que s’exprime une telle volonté d’indépendance de la part d’un peuple qu’ils croyaient dominer à jamais. Pour elles, il convenait d’étouffer dans l’œuf cette aspiration.
Bien qu’il n’y ait pas à proprement parlé d’insurrection mais quelques attentats individuels, l’armée déclenche une répression féroce et aveugle. L’aviation bombarde et mitraille les villages tandis qu’au sol gendarmes et légionnaires, appuyés par des véhicules blindés et de l’artillerie, ratissent la campagne. Un croiseur – le Duguay-Trouin – intervient avec des tirs au canon de 75 et de 40.
De leur côté, les Européens s’organisent en milices que l’armée équipe en uniformes et en armes : fusils de guerre, fusils-mitrailleurs, grenades. Ces milices se livrent à des exécutions sommaires, organisent des expéditions punitives. Des villages sont incendiés, leurs habitants martyrisés, fusillés en masse sans distinguer femmes et enfants.

[1] Jean-Louis Planche, Sétif 1945 – Chronique d’un massacre annoncé, Ed. Perin, 2006, 2010.
Source ici
Tombée par hasard sur la manifestation à Opéra, elle découvre la répression dans la rue puis observe les violences dans le métro en rentrant chez elle Pont de Neuilly.
« Je me suis retrouvée du côté de l’Opéra sur les Grand Boulevards avec des corps d’Algériens allongés sanguinolents, sanglants… »
un retour sur le 17 octobre 1961 à Paris…